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La stéganographie |
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GénéralitésStéganographieexemple 1
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Nous
ne résistons pas au plaisir de dire un mot de ces techniques de
dissimulation. D'habitude, un message chiffré ne cherche pas à
masquer
sa nature. Sa protection est assurée par la force de son cryptage. Une autre voie est possible : celle de la stéganographie (étymologiquement : écriture cachée). L'idée est de rendre le message chiffré insoupçonnable, en lui donnant une apparence anodine. Dans ce cas, la protection du message ne tient qu'à la difficulté de reconnaître... qu'il s'agit d'un chiffre ! S'il est identifié comme tel, le "cryptage" sous-jacent est généralement faible. Exemple 1
En Angleterre, sous Cromwell, Sir John Trevanion
fut
emprisonné au château de Colcester. Il attendait son exécution
avec
résignation, quand le message suivant, apparemment bien innocent
de
compassion et de réconfort, lui fut transmis par son geôlier :
Pour trouver le message caché, il convenait de ne retenir que chaque troisième lettre suivant un signe de ponctuation. Cela donnait : PANEL AT EAST END OF CHAPEL SLIDES Sir John demanda alors à se recueillir dans la chapelle en question, et put s'évader.![]() Exemple 2Cette image contient un message dissimulé dans les herbes qui bordent la rivière. Elle constituent un code Morse : les brins longs correspondent aux tirets ("taa"), les brins courts aux points ("ti").Compliments of CPSA MA to our chief Col. Harold R. Shaw on his visit to San Antonio May 11th 1945. Le code morse se prête merveilleusement à ce genre de camouflage. On peut aussi utiliser p. ex. des notes de musique sur une portée. Mais lorsque le message est dissimulé dans une image, comme ci-dessus, on parle de sémagramme (du Grec shma [signe] / gramma [texte]).![]() Exemple 3L'essor des ordinateurs et du stockage numérique a donné un nouvel essor à la notion de sémagramme. Dans une image matricielle (bitmap), chaque point est codé (p. ex.) par 3 octets (entiers compris entre 0 et 255) représentant respectivement la proportion de rouge, vert et bleu dans la couleur du point concerné.Par exemple, cette nuance de beige :
soit en notation binaire :
où les chiffres "de poids faible" (LSB, Least Significant Bit) sont mis en évidence en gras. Ce sont bien sûr les moins importants pour la détermination de la couleur du point. On peut les modifier sans altérer sensiblement cette dernière. Supposons alors qu'on veuille coder le triplet binaire "110". Il suffit dans ce cas de changer les trois derniers chiffres pour ces nouvelles valeurs :
ce qui code cette fois la couleur : On a ainsi dissimulé le "message" "110" dans un point de notre image. Une image ayant beaucoup de points, on imagine combien facile est devenue la dissimulation de contenu caché (pas nécessairement graphique) dans de telles images numériques. Ainsi, qui dirait que dans cette image bucolique :
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