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Le HP-9100 |
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Images reproduites avec l'aimable autorisation du Museum of HP Calculators. ![]()
Cette petite chronique ne prétend pas devenir un catalogue des premières calculatrices, mais comment quitter cette série sans un coup d'œil à une machine aussi extraordinaire... En 1968, alors que les calculateurs électroniques disposaient de 4 opérations et (dans le meilleur des cas) de la racine carrée, Hewlett-Packard lançait les HP-9100A et B. Il s'agissait des premiers calculateurs scientifiques programmables, et toutes leurs fonctions étaient obtenues uniquement en composants discrets, sans le moindre circuit intégré ! On pouvait ainsi accéder (pour $4900 quand même...) à tout un éventail de fonctions inédites : une arithmétique en virgule flottante de 10-98 à 1099, toutes les fonctions classiques, exponentielles, logarithmes, circulaires, hyperboliques et inverses, opérations vectorielles, conversion polaire-rectangulaire, sans oublier la programmation et des accessoires comme un lecteur de cartes magnétiques, une imprimante, un traceur de courbes et même un bloc d'extension de mémoire (rappelons-le, aucun circuit intégré dans tout cela). Les HP-9100 introduisaient nombre de notions qui allaient servir de référence au reste de la production : pile opérationnelle (à 3 niveaux) et ses fonctions de manipulation, choix du nombre de chiffres affichés et "chiffres de garde" destinés à assurer l'exactitude de l'affichage, deux modes angulaires, 16 mémoires (32 sur le modèle B) et toutes les instructions de programmation de base. L'affichage était dévolu à un tube cathodique, qui ne formait que des chiffres à 8 segments (comme sur les rampes de LED ultérieures) afin d'économiser la précieuse mémoire.
Techniquement, les HP-9100 empruntaient aux ordinateurs de l'époque le meilleur de leur technologie : les mémoires à tores magnétiques. Le HP-9100A contenait 6x16x23=2208 bits de mémoire (deux fois plus sur le modèle B). Chaque bit était représenté par un minuscule (< 1 mm) tore magnétique de lithium. Ces tores étaient regroupés en 6 maillages rectangulaires (6 "cartes") de 16 par 23 et chacun était traversé par 4 fils [1]. Un fil "vertical" et un autre "horizontal" permettaient de changer au moyen d'une impulsion la polarité de chaque tore, un autre servant à la lecture zigzaguait dans tout le réseau et un dernier servait à la remise à zéro de l'ensemble. En outre, comme aucun courant n'était nécessaire pour maintenir la polarité des tores, cette mémoire était permanente. L'architecture du HP-9100 montrait une grande rigueur. Construit comme un char d'assaut, son boîtier tout en aluminium lui procurait solidité, excellente protection contre les radiations et aussi une bonne dissipation thermique. Celle-ci était obtenue par simple convection, sans l'aide d'aucun ventilateur. Ceci permettait au HP-9100 de se distinguer sur un dernier point : son silence. FonctionsJetons un coup d'oeil aux fonctions proposées sur le HP 9100 :
Notes[1] Le câblage de ces minuscules anneaux était une opération longue, délicate et... entièrement manuelle. [2] plus 2 chiffres "de garde", non affichés, destinéa à garantir l'exactitude complète des décimales visibles [3] Cela, certaines machines (même mécaniques) l'avaient déjà réalisé. [4] Il manque, vous l'aurez noté, la fonction "puissance" : pour élever un nombre à un exposant quelconque, on pouvait passer par les exponentielles et les logarithmes... [5] Une conséquence de la technologie employée. On pouvait même éteindre le HP 9100 alors qu'un programme était en cours d'exécution ! Celle-ci se poursuivait à la mise sous tension suivante... [6] Le modèle dérivé HP 9100B introduirait les sous-programmes.
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